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samedi 1 avril 2017

[CHRONIQUE #7] Le cercle des canailles - Tome 1 : Le Flambeur // Sarah MacLean

                           Une romance historique addictive, aussi passionnante que passionnée                         


Auteur : Sarah MacLean ||
Date de parution : 2012 ||
Édition : J'ai Lu - Pour Elle ||
Genre : Romance | Historique |
Pages : 377 ||
Prix : 6.95€ ||




"Une lueur s'alluma dans les beaux yeux bleus de la jeune femme, une lueur dont il risquait de devenir dépendant. Espoir. Bonheur. Il se sentait incroyablement heureux d'en être à l'origine."






"Après avoir tout perdu aux cartes, le jeune et naïf marquis de Bourne a juré de prendre sa revanche. Neuf ans plus tard, il a refait fortune et, à la tête d'un club, plume sans pitié des pauvres diables tenaillés par le démon du jeu. Toutefois, il n'a pas récupéré son domaine ancestral, Falconwell, dont son ex-voisin est désormais propriétaire. Lorsque celui-ci annonce que ces terres font partie de la dot de sa fille, Bourne décide, sans éprouver le moindre état d'âme, d'épouser Pénelope. Qu'elle le veuille ou non. Et pour ce faire, il n'hésite pas à la compromettre... bien qu'elle soit son amie d'enfance."



"Il l'avait épousée pour récupérer ses terres et rien d'autre. Et peu importait qu'il lui ait fait découvrir des sensations physiques dont elle ignorait l'existence, car, en définitive, ce mariage n'était ni plus ni moins celui auquel elle avait été préparée dès l'enfance : un mariage de raison."

     Il faut savoir que ce roman est la première romance historique que je n'ai jamais lu de ma vie. Outre le fait que je suis une grande fan des romans de Jane Austen ou des sœurs Brontë, j'ai toujours été assez réticente aux romances historiques comme celle que je vous présente aujourd'hui. Le simple fait que les romans soient associés aux romances types des éditions Harlequin m'a toujours tenue éloignée de ce genre de littérature. Comme beaucoup, j'ai longtemps été l'esclave de cette hiérarchie stupide qui donne plus ou moins de légitimité à un livre selon son genre et sa maison d'édition. Cependant en m'intéressant à la littérature de manière plus approfondie et en arrivant sur la blogosphère littéraire je me suis très vite rendue compte que cette classification était absolument stupide et qu'elle n'était là que pour conforter les puristes dans leur idée surfaite de la "bonne" littérature. 
C'est à la suite d'une vidéo de Marinette and Books, grande lectrice de romance historiques, que j'ai acheté ce roman après être tombée dessus au cours de mes recherches sur le genre. J'ai mis quelques mois avant de sortir le premier tome de la saga de Sarah MacLean de ma PAL, j'ai fini par le lire à la suite d'un gros pavé de quelques mille pages comme j'aime à le faire avec les romances ou autres lectures plus légères. 

     N'étant pas une adepte du genre littéraire, je ne pouvais qu'être surprise par ma lecture. Et il faut avouer que la surprise fut au rendez-vous même si la simple lecture de la quatrième de couverture laissait peu de doute quand au plaisant voyage que m'offrirai l'histoire. Dans Le Flambeur on rencontre un jeune homme du nom de Michael Bourne qui, dès le début du roman, perd tout son héritage, argent ainsi que terres, suite à une main malheureuse aux cartes. Il se retrouve donc sans argent ni biens avec pour seule distinction son titre de marquis. Sa soif de vengeance va alors prendre une telle ampleur que lorsque celui-ci sera complètement refait, plus riche même qu'avant sa perte, il ne trouvera pas la satisfaction. Michael va alors chercher à récupérer le manoir de Falconwell, où il a grandi à tout prix. Pénelope, une jeune fille en âge de se marier va voir le manoir si cher à Bourne s'ajouter à sa dot ; le marquis va alors tout faire pour obtenir la main de son amie d'enfance et ainsi avoir Falconwell en sa possession. Mais pour épouser Pénelope, Michael n'a pas choisi de lui faire la cour, il passera par des chemins plus détournés qui ne laisseront à Pénelope aucun autre choix. 

     Très vite, je suis tombée en amour pour le personnage de Michael Bourne, un jeune homme élevé comme un gentleman et qui en a gardé toute l'apparence mais qui est en fait un véritable mauvais garçon sans grande morale comme je les aime. Au fil du roman, on en apprend plus sur son passé et sa véritable nature et je ne pouvais que fondre devant tant de nuances contradictoires qui faisaient toute l'intelligence et la complexité du Marquis. Sarah MacLean nous propose un personnage plein de remords mais toujours très attaché à son passé ce qui rend sa faiblesse encore plus grande, il est très vulnérable tant il est passionné et c'est ce qui le rend si captivant. Certes, on croise souvent des personnages semblables à Michael dans les romances et surement aussi dans les romances historiques mais le contexte et la plume de l'auteur ont brillamment réussi à lui donner tout le relief nécessaire à sa démarcation. 
Le personnage de Pénelope apporte son lot de douceur et d'innocence dans un roman ou la ruse et la soif de vengeance sont maîtres. Son développement tout au long du roman est vraiment remarquable. Elle perd peu à peu son innocence et sa fragilité pour devenir un personnage féminin fort qui parvient à se sortir de plusieurs situations compromettantes pour une femme mariée de son époque. Sa douceur et sa détermination ont été très inspirantes pour la jeune fille désespérément romantique que je suis et elle m'a laissé une impression plus douce et plus forte de ce roman. 

      Je retiendrai de ma lecture l'atmosphère à la fois douce et pesante de la plupart des scènes Michael/Pénelope qui m'ont toutes transportées dans l'histoire compliquée des deux protagonistes. Leur relation et leur histoire commune est d'ailleurs un des points les plus positifs du roman, le questionnement des deux personnages et leur évolution est magnifiquement bien organisée et il est très facile de se laisser aller à ce roman. L'intrigue, bien que classique, est aussi un des points forts de l'ouvrage. La romance est construite sur une idée de vengeance assez brutale qui contraste avec les rêves romantiques et la confrontation est très intelligemment orchestrée, on est balancés d'une perception à l'autre tout en assistant aux retrouvailles toujours plus proches mais également toujours plus compliquées des deux parties. 
Cependant ce roman n'a pas que des qualités et un des défauts majeurs de ce premier tome est la nécessité de l'auteur de ramener plusieurs fois ses personnages au point de départ après qu'ils aient effectués une avancée non négligeable dans leur relation. J'ai quelques fois eu l'impression de voir Michael faire un pas en avant puis deux pas en arrière au cours de ma lecture et ces retours en arrière m'ont irritée sans pour autant complètement gâcher mon plaisir. Je tiens également à souligner la présence de scènes assez érotiques dans le roman, je comprend tout à fait le choix de l'auteur et la raison pour laquelle ces passages ont été intégrés au roman mais je fut assez surprise d'en découvrir dans une romance historique. 
Enfin, étant très émotive je n'ai pas pu m'empêcher de retenir quelques larmes à certains points du roman que je tiendrai secrets afin de ne pas vous gâcher le suspens du roman. Niveau émotion, la fin apporte aussi son lot de montagnes russes émotionnelles comme on aime en retrouver dans les classiques du genre. 

     Si Le Flambeur est aussi touchant et réussi, c'est surtout grâce à la plume de l'auteur que j'ai trouvée très addictive. Sarah MacLean n'en est pas à son coup d'essai avec ce premier tome et on sent bien sa maîtrise du genre notamment à travers sa manière de gérer le suspens et les émotions qui sont parfaitement dosés. Si j'ai été agréablement surprise par cette première lecture de romance historique c'est, je dois l'avouer, en grande partie grâce à la plume de l'auteure qui rend la lecture fluide et très plaisante. 

     Pour résumer, le premier tome du Cercle des Canailles est une très bonne romance historique qui réussi parfaitement à nous transporter dans l'Angleterre du XIXème siècle grâce à la plume légère mais marquante de Sarah MacLean ainsi que grâce à des personnages profonds et dont le développement est aussi important et intéressant que l'intrigue elle-même. 
Pour finir, je conseillerai ce roman à tous les fans de romances historiques habitués du genre mais aussi à ceux qui, comme moi, sont des novices du style et qui souhaiteraient s'initier au genre. Le Flambeur est un premier tome très prometteur qui nous laisse entrevoir de manière intelligente ce que sera la suite de la saga qui concernera d'autres personnages introduits dans ce tome et que j'ai hâte de connaître de manière plus approfondie. 
En bref, une très bonne lecture et une très bonne surprise.

Avez vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires ! 



Bonnes lectures ! xx.

lundi 19 décembre 2016

[CHRONIQUE #3] Le Nazi et le Psychiatre // Jack El-Hai

                               Une approche psychologique des hauts-fonctionnaires nazi                                




Auteur : Jack El-Hai ||
Date de parution : 18 Novembre 2013 ||
Édition : Pocket ||
Genre : Essai | Historique ||
Pages : 361
Prix : 7.80€ ||



"'Hitler était tout aussi normal, sous toutes ses facettes, que n'importe quel homme normal', avait confié Göring à Kelley. Un constat en soi assez effrayant."






Ils n'étaient pas des monstres, mais bien des hommes. Ils n'étaient pas atteints de démence, ils ont perpétré l'horreur en toute conscience. Pour être jugés lors du procès de Nuremberg, ils devaient d'abord être déclarés saints d'esprit. Cette analyse revient à Douglas Kellez, jeune psychiatre américain. Parmi les hauts dignitaires nazis, il va longuement s'entretenir avec Hermann Göring. Bien plus longtemps que ne lui impose sa mission. Le mal a cela de terrible qu'il fascine. Et y noyer son regard, c'est lui ouvrir la porte... L'historien Jack El-Hai s'est plongé dans les archives de ces analyses et entrevues. Une descente captivante dans les abîmes de l'humanité.


"Il [Kelley] a l'impression d'avoir affaire aux différents directeurs d'une grande entreprise, orphelins de leur PDG unanimement regretté, un certain Adolf Hitler. Une sorte de clique qualifiée par Kelley de "groupe cerveau", composée, autrement dit, des individus qui avaient façonnée l'idéologie et la politique nazies."




    J'ai plus ou moins longtemps hésité avant de me lancer dans l'écriture de cette chronique, le livre dont il est question étant un essai historique, mon mode de réflexion et d'écriture sur le sujet doivent inévitablement être modifiés pour coller au mieux au genre de cet œuvre. Mais j'ai finalement décidé de vous proposer mon avis, aussi imparfait puisse-t-il être. 
J'avais repéré Le Nazi et le Psychiatre il y a maintenant plus d'un an un jour que je trainais sans grande conviction dans les rayons de la Fnac, il avait attiré mon attention et je l'avais tout simplement ajouté à ma Wish-list. Le livre m'a donc été offert pour mon anniversaire et je dois avouer que je suis moi-même étonnée de l'avoir fait sortir aussi vite de ma PAL mais je n'en suis pas moins heureuse.
Ce qui m'avait attirée dans cet essai était tout d'abord le sujet qui était traité, certains d'entre vous le savent peut-être : je suis étudiante en deuxième année de psychologie, autant dire donc que le sujet me touche particulièrement. De plus l'idée de découvrir, tout en plongeant dans la relation spéciale entre le patient et le psychiatre, le fonctionnement moral de personnalités qui ont fait le nazisme m'enchantait plus que je ne saurais le dire.

    Douglas Kelley est un jeune psychiatre américain fraichement diplômé très ambitieux qui voit dans la proposition qui lui est faite de devenir le psychiatre des hauts dignitaires nazis comme un moyen de le propulser au sommet de sa carrière de psychiatre. Il accepte donc le statut de psychiatre des accusés de Nuremberg et se donne comme mission de découvrir s'il existe clairement de "syndrome nazi". Une sorte de maladie mentale commune aux accusés qui expliquerait l'idéologie qu'ils ont véhiculés pendant de longues années ainsi que les actes horribles qu'ils ont commandités durant leur temps au pouvoir. 
Parmi les nazis qui figurent sur le banc des accusés, Kelley va être particulièrement troublé par la personnalité de l'un d'eux. Hermann Göring, le bras droit d'Hitler qui est à l'origine de bien des horreurs commises par le IIIeme Reich dont la Nuit des longs couteaux, l'ouverture des premiers camps de concentration et l'élaboration des lois de Nuremberg pour ne citer que les plus marquants. La relation qui se noue entre les deux hommes est alors très inattendue quand on connait le passé de Göring. 

    Le personnage historique, bien que connu uniquement pour les atrocités qu'il a commises, de Hermann Göring est certainement une des figures présentées dans le livre les plus intéressante du point de vue psychologique, grâce aux longues heures que Kelley et lui ont passé ensemble on a accès à de très nombreuses entrevues retranscrites qui permettent d'essayer de comprendre le fonctionnement de cet homme qui s'est avéré être un monstre pour l'humanité. Ses agissements ne sont en aucun cas justifiables ou excusables cependant l'analyse qu'en a faite le psychiatre Douglas Kelley et la retranscription que nous propose Jack El-Hai permet de se renseigner sur la naissance du mal et de l'horreur. 
Si je n'ai pu que détester l'horrible personnage de Göring, j'ai largement apprécier Douglas Kelley. Je me suis largement reconnue dans son caractère et me suis donc beaucoup identifiée à lui tout au long de l'ouvrage. Sa personnalité ambitieuse et l'obsession qu'il développe tout au long du déroulement de l'histoire pour ces hommes politiques nazis et sa volonté sans faille de comprendre leur fonctionnement psychologique afin de mieux informer ses confrères et le reste de la population sur ce qui cause le basculement dans l'extrémisme d'une population entière m'a bluffée. J'ai réellement apprécier toute les facettes de sa personnalités.

     J'avais peur, en commençant le Nazi et le Psychiatre, de me plonger dans un essai historique bourré de termes techniques ou de rapports psychiatriques dénoués d'explications qui auraient pu le rendre accessible au grand public, cependant je fut surprise de constater que ce fut complétement l'inverse qui se produisit au fil de ma lecture. Les situations étaient clairement expliquées afin d'être comprises par le plus grand nombre et elle permettait de rendre le livre accessible à tous les fans d'histoires ou les avides de savoir qui souhaitaient en apprendre un peu plus sur la psychologie des dirigeants nazis. Les termes psychologiques sont également bien définis au fur et à mesure de leurs apparitions dans le rapport de Kelley ce qui évite au lecteur de devoir stopper sa lecture afin de chercher la définition d'une névrose hystérique ou autre psychose. 
L'autre énorme point positif de cet essai est sans doute la plume de Jack El-Hai, sa manière de rédiger et de présenter les faits relève plus de l'écriture de roman que d'écrit historique voire scientifique. Au fur et à mesure des pages on se croirait plus dans un roman historique comme les très excellentes trilogie de Ken Follet que dans un essai relatant des faits qui se sont réellement déroulés. Cette plume permet d'autant plus au lecteur de se plonger dans le récit du psychiatre.
La présentation du passé puis du futur de chacun des deux protagonistes principaux offre également au lecteur de percevoir au mieux la profondeur de leurs caractère et renforce également le côté roman de l'essai. Ainsi on suit le psychiatre dans la montée de sa carrière après son travail avec les accusés de Nuremberg. On accompagne également Göring tout au long du célèbre procès et après la sentence qui lui est infligée pour ses crimes abominables. 

     Pour finir je dirais simplement que la lecture de Le Nazi et le Psychiatre m'a apporté beaucoup de réponses par rapport aux criminels nazis et à leur fonctionnement psychologique pas si différent du notre. Le récit mêle psychologie et histoire et je le conseille vivement aux passionnés du sujet comme aux lycéens qui passeront cet été le bac car il y a dans cet essai beaucoup d'anecdotes qui leur permettront d'impressionner leur correcteur. 
J'ai passé un bon moment avec ce livre et je ne peux que vous inciter à le lire car il offre, en plus d'un voyage au cœur du fonctionnement psychique des Hommes, une belle leçon sur l'importance de rester vigilant face aux mouvements extrémistes qui pourraient naître dans notre société. 
En bref, une lecture très intéressante. 


Avez-vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez-vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires !



Bonnes lectures xx.