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mardi 5 décembre 2017

[CHRONIQUE #9] Chroniques Lunaires, Tome 1 : Cinder // Marissa Meyer

                                            Une réécriture de conte façon science-fiction.                                          




Auteur : Marissa Meyer ||
Date de parution : 3 Janvier 2012 ||
Edition : Pocket Jeunesse ||
Genre : Jeunesse | Science-Fiction ||
Pages : 412 ||
Prix : 17,90€ ||





"La vanité est un facteur, mais c'est plutôt une question de contrôle. Il est plus facile de convaincre les autres que l'on est beau quand on en est soi-même persuadé. Hélas, les miroirs ont une fâcheuse tendance à vous montrer la réalité en face."







"Humains et androïdes cohabitent tant bien que mal dans la ville de New-Beijing. Une terrible épidémie ravage la population. Depuis l'Espace, un peuple sans pitié attend son heure...
Personne n'imagine que le salut de la planète Terre repose sur Cinder, brimée par son horrible belle-mère. Car la jeune-fille, simple mécanicienne mi-humaine, mi-cyborg, détient sans le savoir un secret pour lequel certains seraient prêts à tuer..."



"Ils se mentaient, s'abusaient les uns les autres pour la seule raison qu'ils en avaient le pouvoir. Ils se moquaient bien du mal qu'ils faisaient, tant qu'ils en profitaient."

     En tant que fan des contes mais également des réécritures de ceux-ci je ne pouvais pas passer à côté de l'immense succès qu'a été et qu'est toujours Cinder et plus largement la saga des Chroniques Lunaires de Marissa Meyer. Après avoir assisté à tout le bruit qu'on fait les sorties de tous les tomes de cette saga j'ai finalement sauté le pas il y a moins d'un an et ait acheté le premier tome avant de le laisser traîner dans ma PAL guettant le bon moment pour enfin l'en sortir avec attention. Jusqu'à une après-midi de Novembre où j'avais envie d'une lecture cocooning qui me fasse rêver et voyager, à ce moment là Cinder me paraissait être la lecture parfaite et autant vous dire tout de suite que je ne regrette pas d'avoir choisi cette lecture à ce moment là ! 

     Nous sommes, dans ce roman, projetés dans un futur post-guerre où les technologies sont beaucoup plus développées que ce que nous connaissons maintenant. Le monde a été détruit puis reconstruit et tous les repères avec lesquels nous vivons actuellement ont été remplacés. Désormais la Lune est habitée par une population qui a développé des pouvoirs sur-naturels et même sur la Terre il est fréquent de voir des personnages mi-hommes, mi-cyborg. C'est notamment le cas de Cinder, qui à la suite d'un terrible accident a vu de nombreuses parties de son corps être remplacées par des fils et des mécanismes. 
Comme dans le conte original, Cinder est sous la tutelle de son horrible belle-mère et n'a aucune liberté. A ce titre elle se voit condamnée à travailler pour payer les factures de sa marâtre et les plaisirs de ses demi-soeurs. 
Très vite, Cinder va se retrouver face à une révélation qui va changer sa vie mais également celle du prince et de tous les habitants du royaume...

     Marissa Meyer nous fait rencontrer dans son roman deux personnages principaux qui ont su me séduire par leur fraîcheur et leur originalité par rapport aux personnages classiques du genre Young-Adult. 
Premièrement je vais me pencher sur le personnage dont le livre porte le nom : Cinder. La jeune cyborg est ce qu'on pourrait qualifier de personnage fort qui n'en fait pas trop, à l'instar de certaines héroines de dystopie ou plus largement de littérature Young-Adult. Cinder est une jeune femme débrouillarde et affirmée sans être arrogante car elle sait rester discrète par rapport à sa condition de pupille et de cyborg. Si elle est prête à tout pour défendre ses convictions et ses liberté elle n'est cependant pas le genre de personnage à foncer tête baissée dans le premier piège venu et j'ai beaucoup apprécié cet aspect de sa personnalité. Cependant ne vous attendez pas à retrouver dans le personnage de Cinder la moindre ressemblance avec celui de Cendrillon car il n'y en a aucune et pourtant on retrouve très vite l’héroïne de conte dans l’héroïne du roman. 
Le personnage du Prince Kai est quand à lui moins éloigné du prince de conte que nous connaissons tous. Il sait se montrer calme et réflechi quand il le faut mais il est aussi profondément gentil et dévoué à son peuple et son royaume. Mais ce qui m'a le plus séduite chez ce personnage c'est sa touche d'humour et surtout le sarcasme dont il fait parfois usage tout au long du roman, c'est un trait de caractère que, personnellement, j'apprécie beaucoup chez un personnage masculin et ici Marissa Meyer a su le développer à merveille. J'ai également apprécié le fait que l'auteure n'essaie pas de faire de son personnage principal masculin le bad-boy qui sauve toutes les situations que nous avons l'habitude de voir dans ce genre de littérature, et le succès du roman et la qualité de celui-ci nous montre bien qu'il n'est pas nécessaire de faire des personnages de Young-Adult des clichés sur pattes pour séduire les lecteurs. Le Prince Kai a lui aussi sa part de faiblesse, comme tout un chacun, il est très souvent dans une phase de questionnement sur sa place dans le royaume et son rôle de dirigeant. Clairement pour moi ce personnage est un des gros points positifs de ce roman. 

     Pour moi, ce premier tome des Chroniques Lunaires approte un renouveau au genre Young-Adult avec des idées nouvelles et novatrices. J'ai beaucoup apprécié le mélange de la science-fiction et de la réécriture de conte que j'ai trouvé très originale. L'histoire est très vite prenante et le déroulé de celle-ci est dynamique et haletante ce qui fait qu'on avance très vite dans la lecture.
Malheureusement j'avais déjà deviné ce qu'allait être la révélation finale à la fin de la première moitié du roman car, sans être prévisible elle est mentionnée plusieurs fois par les personnages ce qui vous met vite la puce à l'oreille. 
En ce qui concerne l'émotion du roman je ne peux que m'incliner, je suis certes une lectrice très sensible mais il est rare que je verse une larme devant un roman de ce genre là et pourtant... Une certaine scène m'a fait monté quelques larmes aux yeux, c'est dire à quel point les personnages sont attachants et les émotions parfaitement retranscrites par l'auteure. 
La fin du roman ne m'a pas surprise mais elle laisse plusieurs questions dans ma tête ce qui vous donne la dose de suspens tant attendue dans les romans Young-Adult qui font partie d'une saga comme c'est le cas ici. 

     L'écriture de Marissa Meyer s'est avérée très fluide et adictive ce qui permet une lecture rapide car le roman est un véritable page-turner. Pour autant l'écriture de l'auteure n'en est pas moins profonde ce qui ajoute encore plus de crédibilité aux questionnements des personnages mais également aux scènes de tensions que j'ai trouvé très intense. 
Je souhaitais également souligner le fait que Marissa Meyer a une écriture qui permet de faire passer les émotions sans jamais en faire trop, en dosant particulièrement l'intensité des émotions selon les scènes et les contextes et j'ai d'autant plus apprécié ma lecture grâce à cet aspect de son écriture. 


     Pour conclure je dirais que ce premier tome des Chroniques Lunaires est une vrai perle ! Je conseille vivement sa lecture à quiconque à envie de nouveauté mais également aux fans du genre Young-Adult qui hésiteraient encore car ce roman a toutes les qualités pour plaire au plus grand nombre. 
L'histoire développée est très originale et propose un schéma certes répandu mais dans un univers totalement inédit et atypique avec des personnages très attachants qui disposent de leur propre caractères et ne répondent pas forcément aux clichés qu'on retrouve souvent en littérature Young Adult. Durant votre lecture vous aurez votre dose de voyage et d'addiction et avec un peu de chance le suspens sera plus au rendez-vous que pour moi ! 
Vous l'aurez donc compris, je vous recommande vivement ce premier tome qui pour ma part restera une très bonne lecture. J'ai déjà hâte de lire le tome 2 !


Avez-vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez-vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires !

samedi 1 avril 2017

[CHRONIQUE #7] Le cercle des canailles - Tome 1 : Le Flambeur // Sarah MacLean

                           Une romance historique addictive, aussi passionnante que passionnée                         


Auteur : Sarah MacLean ||
Date de parution : 2012 ||
Édition : J'ai Lu - Pour Elle ||
Genre : Romance | Historique |
Pages : 377 ||
Prix : 6.95€ ||




"Une lueur s'alluma dans les beaux yeux bleus de la jeune femme, une lueur dont il risquait de devenir dépendant. Espoir. Bonheur. Il se sentait incroyablement heureux d'en être à l'origine."






"Après avoir tout perdu aux cartes, le jeune et naïf marquis de Bourne a juré de prendre sa revanche. Neuf ans plus tard, il a refait fortune et, à la tête d'un club, plume sans pitié des pauvres diables tenaillés par le démon du jeu. Toutefois, il n'a pas récupéré son domaine ancestral, Falconwell, dont son ex-voisin est désormais propriétaire. Lorsque celui-ci annonce que ces terres font partie de la dot de sa fille, Bourne décide, sans éprouver le moindre état d'âme, d'épouser Pénelope. Qu'elle le veuille ou non. Et pour ce faire, il n'hésite pas à la compromettre... bien qu'elle soit son amie d'enfance."



"Il l'avait épousée pour récupérer ses terres et rien d'autre. Et peu importait qu'il lui ait fait découvrir des sensations physiques dont elle ignorait l'existence, car, en définitive, ce mariage n'était ni plus ni moins celui auquel elle avait été préparée dès l'enfance : un mariage de raison."

     Il faut savoir que ce roman est la première romance historique que je n'ai jamais lu de ma vie. Outre le fait que je suis une grande fan des romans de Jane Austen ou des sœurs Brontë, j'ai toujours été assez réticente aux romances historiques comme celle que je vous présente aujourd'hui. Le simple fait que les romans soient associés aux romances types des éditions Harlequin m'a toujours tenue éloignée de ce genre de littérature. Comme beaucoup, j'ai longtemps été l'esclave de cette hiérarchie stupide qui donne plus ou moins de légitimité à un livre selon son genre et sa maison d'édition. Cependant en m'intéressant à la littérature de manière plus approfondie et en arrivant sur la blogosphère littéraire je me suis très vite rendue compte que cette classification était absolument stupide et qu'elle n'était là que pour conforter les puristes dans leur idée surfaite de la "bonne" littérature. 
C'est à la suite d'une vidéo de Marinette and Books, grande lectrice de romance historiques, que j'ai acheté ce roman après être tombée dessus au cours de mes recherches sur le genre. J'ai mis quelques mois avant de sortir le premier tome de la saga de Sarah MacLean de ma PAL, j'ai fini par le lire à la suite d'un gros pavé de quelques mille pages comme j'aime à le faire avec les romances ou autres lectures plus légères. 

     N'étant pas une adepte du genre littéraire, je ne pouvais qu'être surprise par ma lecture. Et il faut avouer que la surprise fut au rendez-vous même si la simple lecture de la quatrième de couverture laissait peu de doute quand au plaisant voyage que m'offrirai l'histoire. Dans Le Flambeur on rencontre un jeune homme du nom de Michael Bourne qui, dès le début du roman, perd tout son héritage, argent ainsi que terres, suite à une main malheureuse aux cartes. Il se retrouve donc sans argent ni biens avec pour seule distinction son titre de marquis. Sa soif de vengeance va alors prendre une telle ampleur que lorsque celui-ci sera complètement refait, plus riche même qu'avant sa perte, il ne trouvera pas la satisfaction. Michael va alors chercher à récupérer le manoir de Falconwell, où il a grandi à tout prix. Pénelope, une jeune fille en âge de se marier va voir le manoir si cher à Bourne s'ajouter à sa dot ; le marquis va alors tout faire pour obtenir la main de son amie d'enfance et ainsi avoir Falconwell en sa possession. Mais pour épouser Pénelope, Michael n'a pas choisi de lui faire la cour, il passera par des chemins plus détournés qui ne laisseront à Pénelope aucun autre choix. 

     Très vite, je suis tombée en amour pour le personnage de Michael Bourne, un jeune homme élevé comme un gentleman et qui en a gardé toute l'apparence mais qui est en fait un véritable mauvais garçon sans grande morale comme je les aime. Au fil du roman, on en apprend plus sur son passé et sa véritable nature et je ne pouvais que fondre devant tant de nuances contradictoires qui faisaient toute l'intelligence et la complexité du Marquis. Sarah MacLean nous propose un personnage plein de remords mais toujours très attaché à son passé ce qui rend sa faiblesse encore plus grande, il est très vulnérable tant il est passionné et c'est ce qui le rend si captivant. Certes, on croise souvent des personnages semblables à Michael dans les romances et surement aussi dans les romances historiques mais le contexte et la plume de l'auteur ont brillamment réussi à lui donner tout le relief nécessaire à sa démarcation. 
Le personnage de Pénelope apporte son lot de douceur et d'innocence dans un roman ou la ruse et la soif de vengeance sont maîtres. Son développement tout au long du roman est vraiment remarquable. Elle perd peu à peu son innocence et sa fragilité pour devenir un personnage féminin fort qui parvient à se sortir de plusieurs situations compromettantes pour une femme mariée de son époque. Sa douceur et sa détermination ont été très inspirantes pour la jeune fille désespérément romantique que je suis et elle m'a laissé une impression plus douce et plus forte de ce roman. 

      Je retiendrai de ma lecture l'atmosphère à la fois douce et pesante de la plupart des scènes Michael/Pénelope qui m'ont toutes transportées dans l'histoire compliquée des deux protagonistes. Leur relation et leur histoire commune est d'ailleurs un des points les plus positifs du roman, le questionnement des deux personnages et leur évolution est magnifiquement bien organisée et il est très facile de se laisser aller à ce roman. L'intrigue, bien que classique, est aussi un des points forts de l'ouvrage. La romance est construite sur une idée de vengeance assez brutale qui contraste avec les rêves romantiques et la confrontation est très intelligemment orchestrée, on est balancés d'une perception à l'autre tout en assistant aux retrouvailles toujours plus proches mais également toujours plus compliquées des deux parties. 
Cependant ce roman n'a pas que des qualités et un des défauts majeurs de ce premier tome est la nécessité de l'auteur de ramener plusieurs fois ses personnages au point de départ après qu'ils aient effectués une avancée non négligeable dans leur relation. J'ai quelques fois eu l'impression de voir Michael faire un pas en avant puis deux pas en arrière au cours de ma lecture et ces retours en arrière m'ont irritée sans pour autant complètement gâcher mon plaisir. Je tiens également à souligner la présence de scènes assez érotiques dans le roman, je comprend tout à fait le choix de l'auteur et la raison pour laquelle ces passages ont été intégrés au roman mais je fut assez surprise d'en découvrir dans une romance historique. 
Enfin, étant très émotive je n'ai pas pu m'empêcher de retenir quelques larmes à certains points du roman que je tiendrai secrets afin de ne pas vous gâcher le suspens du roman. Niveau émotion, la fin apporte aussi son lot de montagnes russes émotionnelles comme on aime en retrouver dans les classiques du genre. 

     Si Le Flambeur est aussi touchant et réussi, c'est surtout grâce à la plume de l'auteur que j'ai trouvée très addictive. Sarah MacLean n'en est pas à son coup d'essai avec ce premier tome et on sent bien sa maîtrise du genre notamment à travers sa manière de gérer le suspens et les émotions qui sont parfaitement dosés. Si j'ai été agréablement surprise par cette première lecture de romance historique c'est, je dois l'avouer, en grande partie grâce à la plume de l'auteure qui rend la lecture fluide et très plaisante. 

     Pour résumer, le premier tome du Cercle des Canailles est une très bonne romance historique qui réussi parfaitement à nous transporter dans l'Angleterre du XIXème siècle grâce à la plume légère mais marquante de Sarah MacLean ainsi que grâce à des personnages profonds et dont le développement est aussi important et intéressant que l'intrigue elle-même. 
Pour finir, je conseillerai ce roman à tous les fans de romances historiques habitués du genre mais aussi à ceux qui, comme moi, sont des novices du style et qui souhaiteraient s'initier au genre. Le Flambeur est un premier tome très prometteur qui nous laisse entrevoir de manière intelligente ce que sera la suite de la saga qui concernera d'autres personnages introduits dans ce tome et que j'ai hâte de connaître de manière plus approfondie. 
En bref, une très bonne lecture et une très bonne surprise.

Avez vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires ! 



Bonnes lectures ! xx.

vendredi 23 décembre 2016

[CHRONIQUE #6] La Passe-Miroir - Tome 1 : Les Fiancés de L'Hiver // Christelle Dabos

               Une aventure pleine de rebondissements dans un cadre imaginaire recherché                 




Auteur : Christelle Dabos ||
Date de parution : 2013 ||
Édition : Gallimard Jeunesse ||
Genre : Jeunesse | Fantasy ||
Pages : 519 ||
Prix : 18,00€ ||


"Résignée ? Pour être résignée, il faut accepter une situation, et pour accepter une situation, il faut comprendre le pourquoi du comment. Ophélie, elle, ne comprenait rien à rien. Quelques heures auparavant, elle ne se savait pas encore fiancée. Elle avait l'impression d'aller au-devant d'un précipice, de ne plus s'appartenir du tout. Quand elle risquait une pensée vers l'avenir, c'était l'inconnu à perte de vue. Abasourdie, incrédule, prise de vertiges, ça oui, elle l'était, comme un patient à qui l'on vient de diagnostiquer une maladie incurable. Mais elle n'était pas résignée. "





"Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel."



"On peut aimer d'un seul regard. D'ailleurs, on ne s'aime jamais si bien que quand on se connait fort mal."

     On ne compte plus le nombre de personnes qui ont lu et adoré le premier tome de La Passe-Miroir, que ce soit les bloggeurs, les youtubeurs ou même nos proches tout le monde semble avoir eu un énorme coup de cœur pour le premier roman de Christelle Dabos. Cependant si je suis une lectrice qui se laisse facilement emportée dans une histoire, j'ai tendance à mettre la barre trop haute pour les romans qui connaissent un succès fulgurant comme ce fut le cas pour Les Fiancés de L'Hiver. 
Ce roman était donc dans ma wish-list depuis un long moment et j'ai eu la surprise de le recevoir en cadeau à Noël dernier. Après quelques hésitations j'ai décidé de le garder pour le Cold Winter Challenge de cette année et ce livre constitue donc ma seconde lecture du challenge qui se terminera le 31 janvier 2017. 

     Christelle Dabos nous emmène, dans ce roman, dans un univers imaginaire très particulier. En effet le monde tel que nous le connaissons à été séparé en plusieurs fragments sur lesquels vivent différents clans plus ou moins éloignés ; chacun de ces clans dispose d'un pouvoir particulier partager par la plupart des membres. Nous suivons tout au long du roman le personnage d'Ophélie qui est une habitante de l'arche (un des fragments) d'Anima et qui a des pouvoirs de liseuse ce qui signifie qu'elle peut lire le passé des objets grâce au touché. Mais Ophélie à un autre particularité : elle peut traverser les miroirs et donc se déplacer d'un endroit à un autre grâce à eux. 
Très vite dans le roman, Ophélie se retrouve fiancée à un certain Thorn qui s'avère être un homme d'une très grande taille qui ne lui adresse pas le moindre regard ou le moindre mot. En plus d'être très réservé et peu éloquent, Thorn vit sur une autre arche que celle où à grandi Ophélie. Elle se retrouve donc condamnée à quitter sa famille et sa maison pour se rendre à la Citacielle qui se trouve être située au Nord et donc dans le grand froid. Ophélie va tenter de s'intégrer dans une société où les mœurs sont si particulières et où elle apprendra bien vite qu'elle ne peut se fier à personne. 

      Si les deux personnages du roman sont très particuliers et très éloignés de ce que l'on a l'habitude de retrouver dans la littérature jeunesse, ils n'en sont pas moins inintéressants. 
Je dois avouer avoir eu beaucoup de mal avec le personnage d'Ophélie et ce dès les premières pages du roman. La jeune fille est très réservée, cachée derrière une grosse écharpe et des grandes lunettes. On comprend bien vite qu'elle ne parle jamais ou que ses paroles sont quasiment inaudibles pour ceux à qui elle s'adresse. A ce manque d'éloquence évident s'ajoute son apparence physique qui n'est absolument pas soignée, la rendant aussi désirable qu'un amas de vêtements sales. J'ai vraiment déploré le fait qu'elle soit si négligée et qu'elle ne décide à aucun moment de faire des efforts ! Pour ce qui est de ce que l'auteur fait passer pour du courage avec le sacrifice d'Ophélie pour l'honneur de sa famille et son départ pour la Citacielle, j'ai de mon côté plus perçu ceci comme une résignation de sa part, malgré ce qu'essaie de nous faire croire l'auteur. Mais si le personnage d'Ophélie m'a profondément irrité tout au long de la première partie, j'ai clairement commencé à l'apprécier lors de la deuxième partie. Lorsqu'elle commence enfin à s'assumer et à se poser des questions sur ce qui l'entoure. C'est à partir de ce moment que son courage se révèle enfin et qu'elle devient plus intéressante. 
Si mon avis sur l'héroïne est plus que mitigé, celui que je porte sur Thorn est beaucoup plus homogène. En le rencontrant j'avais peur que son caractère s'avère être celui d'un homme froid qui finirait par tomber éperdument amoureux de sa fiancée avant de la protéger au péril de sa propre vie, mais je fut ravie de constater que ce ne fut en aucun cas ce qui s'est passé. Thorn est un homme qui n'est pas aussi attirant que les personnages masculins qu'on pourrait rencontrer dans la fantasy jeunesse actuelle. S'il n'est pas beau, je lui trouve personnellement un charme dévastateur. Son mutisme et ses manières peu conventionnelles sont les principales raisons de mon enthousiasme à propos des Fiancés de L'Hiver. Même s'il agit la plupart du temps de manière bourrue, il laisse parfois paraître un minimum d'égard vis-à-vis des autres personnages et c'est cette faiblesse imperceptible qui m'a plu chez lui. Néanmoins certains manques de réactions de sa part m'ont parfois irritée, j'aurais aimé quelques réactions plus authentiques de sa part. 
Je tenais également à m'arrêter sur les autres personnages du roman dans leur totalité, ils sont tous très intéressants avec leurs forces et leurs faiblesses et rendent l'histoire plus agréable à lire à partir du moment où ils sont introduits.

     Selon moi, le roman de Christelle Dabos compte deux défauts majeurs : le premier, dont nous avons parlé plus haut, est sans conteste le personnage d'Ophélie dans sa quasi totalité ; le second est, pour moi, la longueur présente à certains passages de l'histoire. Si j'ai bien apprécié ma lecture dans sa globalité j'ai plus d'une fois songé à l'abandonner notamment au début du récit. L'histoire prenait trop longtemps à se mettre en place et les introspections d'Ophélie étaient bien trop présentes sans pour autant être nécessaires à la compréhension de l'histoire ou de son personnage. Le voyage entre Anima et la Citacielle dure, par exemple, plusieurs chapitres et semble durer des mois alors qu'il ne s'y déroule rien de bien important. Je pourrais sans doute continuer à citer des exemples de longueurs comme celle-ci pendant de longues lignes mais je préfère retenir les points positifs de ce premier tome. 
L'atmosphère qui règne à la Citacielle est un de ces points positifs qui font du roman une perle de la littérature jeunesse et c'est une des choses qui 'a permis de comprendre la raison pour laquelle tout le monde semble avoir adoré le roman. Si en apparence la Citacielle semble être un lieu de dorures et de richesses ce n'est en réalité qu'une grande illusions dans laquelle tout le monde se complait. Et cette double vision de l'Arche est valable pour le décor mais aussi pour ceux qui y évoluent. Ophélie, dans sa quête de la vérité se retrouve vite en face d'une vérité selon laquelle si tout le monde agit de manière sympathique et avenante envers tout le monde ce n'est en vérité qu'une façade camouflant la méchanceté et la soif du pouvoir qui les ronge au plus profond de leur âme. 
En ce qui concerne l'idée d'ajouter des pouvoirs spécifiques aux différents groupe auxquels appartiennent les personnages j'ai été plus que convaincue. Chaque personnage a conscience de ses pouvoirs et n'hésite pas à s'en servir même si cela peut blesser les personnes sur lesquelles ils en font usage. C'est une idée brillante qui ajoute de la crédibilité à ce monde imaginaire parfaitement dépeint par Christelle Dabos.
Je ne peux décemment pas faire cette critique sans parler de la fin de ce premier tome. J'ai été tenue en haleine quant à l'issue de ce premier tome tout au long de la deuxième partie du roman, allant de révélations en retournements de situations pour arriver à... Une déception. Cette fin est clairement une déception en ce qui me concerne. Certes elle me donne envie de connaître la suite des aventures de Thorn et Ophélie mais elle me laisse perplexe car elle ne pose pas de question supplémentaire que je voudrais voir résolue dans le second tome.

     Je ne m'attarderais pas sur l'écriture de Christelle Dabos que j'ai trouvé très bonne sans être renversante, elle m'a cependant transportée dans ses descriptions qui ont su stimuler mon imagination d'une manière particulièrement active. Je me plongerais dans ses prochains romans avec grand plaisir car sa manière d'écrire rend la lecture très agréable et fluide. 
J'ai également beaucoup apprécié son univers et sa manière de développer les personnages (à l'exception d'Ophélie) qui dévoilent leur histoire personnelle au moment parfait sans vraiment gêner le déroulement du récit. 

     Les Fiancés de L'Hiver est un premier roman prometteur qui a son lot de défauts plus ou moins importants. Je pense qu'il est nécessaire de rester indulgent avec l'auteur qui n'en est qu'à son premier essai, et quel essai ! J'ai été convaincue par la quasi totalité des personnages qui sont très intrigants en dehors d'Ophélie qui m'a irrité toute la première partie du roman comme je l'explique plus haut. J'ai hâte de retourner à la Citacielle qui est une merveille d'univers imaginaire dans le second tome en espérant qu'il me convaincra encore plus que le premier n'a su le faire. 
Si vous recherchez une lecture fantasy tout en restant dans la légèreté d'un roman jeunesse, Les Fiancés de L'Hiver est fait pour vous. Il vous transportera vers un univers imaginaire convainquant plein de détails et de complots qui vous tiendrons en haleine. J'ai de mon côté bien aimé ma lecture même si je n'ai pas eu le coup de cœur auquel je m'attendais. 

Avez-vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez-vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires !


Bonnes lectures ! xx.

jeudi 23 juin 2016

[CHRONIQUE #1] Les Insoumis - Tome 1 // Alexandra Bracken

     Pouvoirs surnaturels et personnages attachants sur fond de musique rock des années 70...     




Auteur : Alexandra Bracken ||
Date de parution : 2013 ||
Edition : Le Livre de Poche Jeunesse ||
Genre : Jeunesse | Dystopique ||
Pages : 506 ||
Prix : 6.90€ ||



"Parce qu’ils risquaient de découvrir que les chasseurs de primes et les FSP n’étaient pas les vrais monstres. Non. Le vrai monstre était assis sur la banquette du fond."






"Dans un futur proche, les adolescents sont décimés par un virus inconnu. Les survivants, dotés de pouvoirs psychiques incontrôlables, sont classés par couleur en fonction du danger qu'ils représentent, et parqués dans des camps. Ruby et quelques autres refusent cette fatalité et s'enfuient. Echapperont-ils à leurs poursuivants? Et surtout, parviendront-ils à maitriser leurs pouvoirs sans perdre leur âme?"


"Ma mère avait dit un jour que l'éducation était un privilège dont tout le monde ne bénéficiait pas, mais elle se trompait... Ce n'était pas un privilège. C'était notre droit. Nous avions droit à notre avenir."

    Avant toute chose, nous noterons le fait que je n'ai pas choisi la couverture de l'édition française du roman pour illustrer cet article pour la simple et bonne raison que cette dernière est immonde, l'image choisie est clairement affreuse et n'aide certainement pas à la vente du livre ! Cependant on dit toujours qu'il ne faut pas juger un livre par sa couverture et ce dicton ne pourrait s'avérer plus vrai que dans ce cas précis. Rares sont les romans pour lesquels je reste éveiller pratiquement la nuit entière, souhaitant désespérément connaître la fin de l'histoire, pourtant Les Insoumis m'a plus d'une fois volé mon sommeil.

    N'étant pas une grande adepte du genre dystopique qui gagne pourtant de l'ampleur dans le paysage littéraire de ces dernières années (notamment avec des sagas comme Hunger Games ou Divergente), je ne pouvais certainement pas partir plus négative quant à ce roman qui fut un achat que j'effectuais "par dépit" et pourtant quelle surprise ! Le scénario n'a rien de très original, certes, on retrouve une fois de plus le schéma classique de la société post-apocalyptique où rien ne va plus et où la jeune génération tente de survivre malgré l'oppression dont elle est victime. Ici cependant l'histoire prend bien, elle semble plausible et la plupart du temps les détails collent entre eux donnant ainsi un scénario auquel on croit facilement et dans lequel il est aisé de se projeter. On retrouve donc des adolescent qui développent des capacités surnaturelles et sont classés par couleurs allant des plus acceptables (Bleu : Télékinésie ; Verte : Intelligence Surdéveloppée ; Jaune : Contrôle de l'Electricité) aux plus dangereuses (Orange : Contrôle Psychique ; Rouge : Maîtrise du Feu). Ils doivent faire face à la répression mise en place par la génération précédente : les adultes, qui tentent de les exterminer en les plaçant dans des camps hostiles et délabrés que le gouvernement souhaite faire passer pour des endroits chaleureux où on essaie gentiment de soigner les adolescents.

    L'auteur introduit, tout au long de ce premier tome, des personnages plus vrais que nature tant leur psychologie est merveilleusement développée. Quel surprise de trouver des personnages si emplis de faiblesse et de doutes mais aussi de courage et d'intelligence, c'est sans doute ce développement moral parfaitement réussi qui donne à ce roman toute sa force et sa dimension réelle car, pour une fois, les ados dépeints dans le livre SONT des ados! Le personnage de Liam est divin, il réunit tous les aspects du parfait "fictionnal boyfriend", sa fragilité donne lieu à de nombreuses discussions romantiques  très bien dosées et sa détermination quant au renversement du pouvoir est absolument remarquable ; Chubs est également assez intéressant dans sa manière de réfléchir et d'agir pour que j'en arrive à avoir envie que l'auteur nous en dévoile plus sur son background (chose qui est assez rare chez moi pour un personnage secondaire de cet ordre) et enfin l'héroïne : Ruby est utilisée et développée à la perfection, elle allie un regard adulte sur la situation socio-politique avec une attitude tout à fait naïve face à ses sentiments amoureux ou la maîtrise de ses pouvoir ce qui donne lieu à une fragilité / dureté magistrale. Elle est parfaitement imparfaite ce qui la rend humaine, on est ici loin de l'héroïne typique qui apprend à maîtriser son pouvoir en quelques jours ; Ruby sait que son pouvoir peut faire des ravages car elle n'en connaît pas encre les limites et c'est ce doute permanent qui m'a tant plu chez elle. Son background est également parfaitement développé et j'ai hâte d'en connaître plus au sujet de son histoire.

    L'intrigue quant à elle se sépare en deux parties majeures dont je tairais les détails (afin d'éviter les spoilers), dans la première partie du roman on suit Ruby dans les camps où sont retenus les adolescents ayant développés les facultés surnaturelles qu'essaient de contrôler les adultes, on y découvre l'horreur du quotidien et on en apprend plus sur les pouvoirs qui sont développés par la génération de Ruby. L'auteure utilise donc ces camps afin de montrer au lecteur la peur que ressentent les adultes face à cette génération montante (au point d'enfermer leurs enfants dans ce qui rappelle étrangement les bâtiments de briques, symboles phares d'une des périodes les plus sombres de notre histoire ! ) mais elle permet également au lecteur de comprendre facilement la psychologie de base de chaque nouveau personnage qui est introduit dans le roman car tous sont passés par cette épreuve et y ont vécu le même traumatisme que Ruby. La seconde partie du roman nous introduit donc aux personnages secondaires avec lesquels Ruby va vivre ses aventures, puis on suit ces mêmes personnages dans leur quête désespérée d'un semblant d'ordre et de paix.
    Enfin j'ai beaucoup aimé le fait que l'auteure n'hésite pas à mettre ses personnages en danger, leur faisant frôler la mort plusieurs fois au cours du roman, n'épargnant pas un instant son lecteur. On passe son temps à avoir peur pour la survie de chacun et on sent la tension ressentie par les protagonistes à des kilomètres tant elle est bien retranscrite. Si Les Insoumis est un de mes premiers romans dystopiques c'est clairement un coup de cœur, Alexandra Bracken réalise un coup de maître avec ce premier tome et nous transporte sans le moindre effort vers des horizons où, personnellement, je ne serais peut-être pas allée sans son roman. De plus l'auteure a la merveilleuse idée d'insérer dans son roman quelques titres de chansons (type rock des années 1960/1970 >> Led Zeppelin ou les Beach Boys par exemple) permettant donc au lecteur d'accompagner sa lecture avec des titres qui se marient merveilleusement bien avec l'histoire. 
    Et puis la fin de ce premier tome, quelle fin! Autant vous dire que ce n'est certainement pas la tête pleine de réponses à vos questions que vous refermerez ce premier tome. Les questions fusèrent dans ma tête dès lors que j'eu terminé le roman et je brûle déjà d'impatience de connaître la suite et même le dénouement final de cette saga.
    C'est avec beaucoup d'attentes que j'attend donc le second tome de cette trilogie qui, je l'espère, m'apportera plus d'éléments de résolution en ce qui concerne l'avenir de Ruby, Liam, Chubs et Zu tout en gardant les points forts que j'ai cité plus haut.
    C'est donc un coup de cœur pour ce premier tome. Croisons les doigts pour qu'il se maintienne tout au long de la trilogie.


Avez-vous lu ce roman ? Ou un autre de l'auteur(e) ? Qu'en avez-vous pensé ? Dites moi tout dans les commentaires !


Bonnes lectures xx.